Un million et demi de seniors vivent sans emploi ni retraite

Une majorité de femmes (66 %) composent la part des seniors qui vivent sous le seuil de pauvreté.

Près d’un million et demi de Français, âgés de 53 à 69 ans, ne perçoivent ni revenu d’activités, ni pension de retraite, rapporte une étude de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), publiée ce mercredi 19 septembre. Résultat : un tiers d’entre eux vit sous le seuil de pauvreté.
Pas de salaire et encore moins de pension de retraite. C’est la situation délicate dans laquelle se trouve 1,4 millions de seniors en France âgés de 53 à 69 ans (11 % de la population qui constitue cette tranche d’âge), selon une enquête de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), publiée ce mercredi 19 septembre et basée sur des chiffres de 2015.

Les aides sociales comme seules ressources

Logiquement, cette catégorie de personnes est plus exposée à la précarité que les actifs ou retraités. Sur ces 11 % de seniors n’ayant ni emploi ni retraite, communément appelés « NER », un sur trois (32,1 %) vit en dessous du seuil de pauvreté – c’est-à-dire avec moins de 1.265 euros par mois – contre 6 % des seniors retraités et 7,5 % des seniors actifs.

De fait, leurs principales ressources proviennent d’aides sociales : trois ménages sur quatre de seniors NER bénéficient de prestations sociales non contributives (aides au logement et minima sociaux tels que le RSA ou l’Allocation adulte handicapé, notamment).

Des coups de pouce qui représentent  44 % de leur revenu contre 2 % pour l’ensemble des ménages de seniors. Cette redistribution, réalisée via le système socio-fiscal, réduit le nombre de seniors NER pauvres de 30 %. En l’absence de ces transferts sociaux et fiscaux, presque un senior sans emploi ni retraite sur deux serait pauvre, précise la Dress.

Loin du monde du travail

Par ailleurs, le niveau de vie médian des NER s’élevait en 2015 à 1.270 euros par mois. Un montant bien inférieur à celui des seniors en emploi (2.090 euros) ou des retraités (1.860 euros), mais cependant supérieur à celui des personnes sans emploi âgées de 25 à 52 ans (1.050 euros mensuels).

L’organisme avance comme explication à la situation économique et sociale de ces seniors leur éloignement du monde du travail. Aussi, 13 % de ces individus sont des chômeurs au sens du Bureau international du travail (BIT). C’est-à-dire qu’ils recherchent activement un emploi et sont disponibles pour travailler. Mais « 32 % d’entre eux pensent qu’ils ne trouveront pas d’emploi et 10 % estiment qu’il n’y a pas d’emploi disponible dans leur domaine de compétence », analyse l’étude.

« Après 50 ans, de nombreuses personnes rencontrent des difficultés importantes sur le marché du travail et ces situations dite hors de l’emploi et de la retraite, autour de 60 ans, constituent des poches de pauvreté », note la Drees.

« Dans 22 % des cas, ces seniors évoquent également des problèmes de santé comme frein principal à la recherche.» Les NER sont majoritairement des femmes âgées de 58 ans en moyenne. Elles constituent les deux tiers des effectifs (66%), souligne le service statistique des ministères sociaux.

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