Les filles de Carlos Ghosn l’ont fait renoncer à une conférence de presse

Les filles de Carlos Ghosn l'ont fait renoncer à une conférence de presse

Carlos Ghosn renonce finalement à s’exprimer. Une conférence de presse de l’ancien PDG de Renault et Nissan, actuellement assigné à résidence à Tokyo, était fixée pour ce vendredi, mais l’ex-capitane d’industrie a dû y renoncer en raison d’une « forte opposition » de ses filles, selon ses avocats. « Nous avons reçu ce matin du tribunal un refus à notre demande d’allègement de ses conditions de liberté surveillée, et cela l’a énormément déçu, car lui et nous avions grand espoir qu’il serait autorisé à revoir sa femme », a expliqué aux journalistes son principal avocat, Junichiro Hironaka. « Il voulait donc exprimer son sentiment publiquement dès aujourd’hui, à chaud, car il ne comprend pas ce troisième rejet à ce stade de la procédure », a-t-il poursuivi. D’où cette conférence annoncée à la mi-journée au Club des correspondants étrangers (FCCJ).

La concomitance avec le sommet du G20 qui réunit les principaux dirigeants de la planète et occupe tous les médias à Osaka (ouest du Japon) « est un hasard, il voulait réagir immédiatement après le rejet du tribunal », affirme Me Hironaka. Les trois avocats japonais de M. Ghosn ont assuré qu’ils étaient d’accord pour organiser cette conférence, en la limitant aux questions portant sur les restrictions qui lui sont imposées, sans entrer dans le fond de l’affaire et les raisons de ses quatre inculpations sur des soupçons de malversations financières.

Mais par la suite, les filles et conseillers médias de M. Ghosn ont exprimé une opinion contraire « craignant qu’une prise de parole n’entraîne des conséquences négatives », selon Me Hironaka. « Nous n’avions pas bien précisé les conditions de cette conférence et ses filles se sont fait du souci », a reconnu l’avocat. Selon la porte-parole de M. Ghosn, qui avait rapidement indiqué à l’AFP que la conférence n’aurait pas lieu avec M. Ghosn, bien qu’ayant été annoncée, il est « dévasté » par le rejet par le tribunal d’une rencontre avec son épouse Carole, qu’il n’a pu voir depuis début avril.

Selon les strictes conditions de sa libération sous caution, toute communication est interdite entre les deux conjoints sans une permission spécifique, une situation « inhumaine » selon ses avocats mais que le parquet justifie par le risque de destruction de preuves. « Nous avions pourtant proposé qu’il la voie dans des conditions très encadrées, au cabinet des avocats et sous le contrôle de l’un d’eux, et même offert de donner toutes les informations sur les communications de Mme Ghosn si nécessaire, on ne pouvait pas suggérer mieux », a précisé un autre défenseur, Takashi Takano, aux journalistes.

Les défenseurs de M. Ghosn disent leur intention d’agir contre cette décision du tribunal, jugeant « bizarres, incompréhensibles, inhumaines » de telles restrictions alors même que Mme Ghosn n’est elle-même pas poursuivie dans cette affaire et que les deux respectent parfaitement les restrictions. « Il n’y a pas de raison de les empêcher davantage de se voir à ce stade de la procédure, nous pensons l’avoir démontré dans notre requête, mais malheureusement, cela a été rejeté », a insisté Me Takano. « Une conférence de presse de M. Ghosn à court terme nous semble désormais difficile », a renchéri Me Hironaka.

M. Ghosn s’est déjà exprimé dans les médias mais il n’a pas tenu de conférence de presse depuis qu’il a été arrêté le 19 novembre 2018 et a passé quelque 130 jours en détention à Tokyo, accusé d’abus de confiance aggravé et de fausses déclarations aux autorités pendant son mandat chez Nissan.

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.